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La bombe ouaddaïenne

Depuis quelques semaines, un vent sinistre aux relents haineux souffle sur la ville d’Abéché et enveloppe dans son tourbillon une cible toute indiquée : les ressortissants du Sud du pays. Ils sont accusés par leurs hôtes d’être sur toutes les activités, au détriment des locaux



Si la presse anticipait pour tirer sur la sonnette d’alarme, on lui tomberait dessus à bras raccourcis pour incitation à la haine ethnique ou religieuse, profanation de tombes, des démons de la division, etc…mais, ce qui se passe à Abéché mérite tout de même une place de choix, sur les crochets de boucher. Et dire surtout que certains Abéchois ne se voilent même pas la face pour souffler cette haine sous le nez de leurs compatriotes, dont le péché mortel est d’être issus d’un terroir du Sud, semblable d’ailleurs à tous les sud des autres pays de la planète.

Le climat de cette ville est devenu subitement délétère. Les lieux d’embauche ne sont pas épargnés. Les humanitaires, grosses usines d’embauche ont une place nette dans le collimateur de nos justiciers locaux. En somme, il leur est reproché de n’avoir d’yeux que pour les sudistes lors des recrutements. Faux, rétorquent-ils dans leur défense, en clamant le strict respect des règles de procédure, fondées sur le mérite. Une belle occasion, pour eux, de mettre sur la place publique les tares des autochtones.

La règle de la médiocrité

Quelques exemples dans lesquelles la cleptomanie et l’incompétence se disputent l’espace sont mis en exergue.

La MINURCAT, sous pression, a fait exception en recrutant quelques manœuvres, en fait téléguidés. Résultat : en quelques semaines d’activités, des « splits » et autres appareils ont pris la clé des champs des containers, sans avoir besoin des véritables clés détenues par les gardiens.

Autre exemple : un jeune chauffeur, lui aussi recruté sur injonction dans une autre ONG, n’a pas mieux fait que de rentrer dans un arbre le même jour, pendant l’essai.

Enfin, vient le cas de ce postulant, recruté depuis N’Djamena sur la base d’un dossier tripatouillé. En fait, un de ses parents avait par la suite passé l’interview en Anglais à sa place. Dépêché sur son lieu de travail, il aura exercé l’emploi d’une durée plus courte. Incapable de transformer son salamalec en Anglais, il avait été viré aussi vite qu’il avait franchi le seuil de l’ONG. Et c’est la faute aux Sudistes !

Ce 11 octobre, une bande d’illuminés a fait obstruction au test de recrutement organisé par la MINURCAT : « d’abord les Ouaddaïens » ont-ils lancé pour soutenir leur revendication.

En 2007, pour une histoire de résiliation d’un contrat de bail par CCF, le logisticien de cette ONG, qui n’a eu le malheur que d’être un Sara, avait été pris pour cible. On estimait que c’est lui qui avait rompu le contrat, sevrant ainsi du coup le bailleur de son « Kawal » mensuel. Conséquence, le bâtiment évacué est resté inoccupé jusqu’aujourd’hui.

Les cibles visées

Cela ne suffit pas pour désarmer les esprits bruts, qui choisissent de lancer le « jihad » en direction du commerce exploité par les Saras. Les débits de boisson sont donc les cibles privilégiées : « Rose des sables », « Gastro », « Douk Saga » ; « Chez Brigitte » sont sommés de fermer boutique.

Au soubassement de cette furie talibane : proximité d’une mosquée, d’un cimetière et d’une école. La promiscuité n’était guère à l’ordre du jour lorsque les pouvoirs publics avaient délivré les autorisations aux différents propriétaires des ces lieux dits hantés aujourd’hui par « Cheitane ».

S’agissant du cimetière, un jeune homme enturbanné avait piteusement tenté une parade : « les gens qui boivent dans le bar vont pisser sur les tombes ». Un argument cul de jatte car le propriétaire des lieux, après avoir acquis le terrain, avait pris le soin d’aménager son coin, pour éviter tout conflit avec les morts !

Une auberge et un bar dancing, « Chez Koussa » sont provisoirement à l’abri des foudres des opposants de Bacchus. L’auberge avait déjà essuyé quelques assauts désespérés.

« L’Herminier », c’est son nom, construit non loin de l’Université Adam Barka, avait été visée, au motif qu’elle incommodait parce que non loin d’un temple du savoir. La base de l’argument s’était effondrée d’elle-même. L’auberge est située à 150 mètres de la Fac, donc à une distance réglementaire. Ce coin, fréquenté à 99.99% par des hommes et des femmes enturbannés, rompus aux exercices de jambes en l’air et des coudes haut levés, donne, pour qui le découvre, l’allure d’un aéroport international. Dites-moi, peut-on cracher dans la soupe en la mangeant ? Hypocrisie, quand tu nous agrippes par le fond de nos sourwals !

Dans la foulée, il se raconte sous les gandouras que cette atmosphère infecte aurait incommodé le PR au point de l’obliger à un geste militaire : claquement sec de talons et demi –tour sans avoir reçu le moindre notable de la cité ! Quelques agitateurs de grelots les plus zélés auraient été cueillis par les barbes et auraient fait partie des bagages dans la soute du coucou présidentiel pour N’Djamena.

Déboussolés par l’ire présidentielle, les autorités administratives, le sultan et bien d’autres responsables ont fait le siège du gouvernorat pour une longue réunion intra-muros d’environ quatre heures d’horloge. Cependant, aucun chuchotement n’a filtré de cette rencontre. Mais au finish, on constate l’éviction du gouverneur.

Malheureusement, tout n’est pas fini. Aux dernières nouvelles, l’on apprend que dame Brigitte se serait accroché un baluchon indésirable au dos : la colère du sultan.

En effet, le fait d’avoir ainsi fait recours à la justice pour protester contre la fermeture de son commerce aurait, semble-t-il, été perçu comme une bravade !!!! Alors, l’on se demande laquelle des autorités administratives et traditionnelles gère le domaine des activités commerciales ? Et les autorités administratives que cette dame traîne dans son sac à main sont-elles des simples « Kat-Kat » ?

L’Etat est interpellé

Ce qui est sûr, tout risque un jour de dégénérer si l’on n’y prend garde. Il est temps que cessent ces manœuvres dignes du Neandertal. Les plus hauts responsables du pays sont interpellés. De leur examen judicieux de la situation et de la prise d’une mesure d’une mesure conséquente à cet effet, la capitale du Ouaddaï en tirera un grand profit et le pays tout entier avec.

En attendant ce sursaut, cogitons sur la réflexion de ce vieil Ouaddaïen : « Qui se cache pour tricher avec l’alcool ne peut que s’exposer honteusement en public ».
Vrai, n’est-ce pas ?

Par Noubatara Gédéon

L’Observateur N° 532 du 21 octobre 2009

Réaction :
 
From: AYOUB MAHAMOUD
Phone: 658 29 82
E-mail: LIBISS5@YAHOO.FR
Message:
Bonjour...
Cheres freres j'aimerais repondre a notre vrai Tchadien qui a explose cette bombe appelee BOMBE OUADAIENNE qui est destinee a mes freres OUADDAIENS qui ne sont pas des tchadiens.
tout dabord je regrete d'avoir entendu des telles injures.
Mr...je demant formellement ce qu'il vient de raconter.
Concernant les ONGqui sont dans notre cher pays le TCHAD plus particulierement a l'est,la majorite des employes sont les SUDISTES ce n'ai pas a cause de leur competence mais je regrette 80/100 des diplomes sont falcifies.et dites moi encore quel SUDISTE a ete agresse a A BECHE par un OUADDAIEN citez-le moi.
Combien de fois ils ont ete bastonnes a IRIBA a GOZ-BEIDA a GUEREDA et a BAHAI ?Pourquoi il n'a pas souleve ?
Je regrete...................
Je vous remercie
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