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Tchad: M. Bourma Daoud Malick renonce à la lutte armée. Il décide de

mettre ses compétences au service du développement du pays.

 

 

Le 27 Juillet 2009, un accord de paix fut signé à Tripoli entre le Gouvernement

tchadien et l’un des Mouvements politico-militaire de l’Est, le Mouvement

National(MN), dirigé par le Colonel Soubiane. A la foulée, de nombreux

Cadres civils et militaires du MN ont regagné N’Djaména. Parmi ces derniers,

figure une personnalité importante et d’envergure exceptionnelle,en

l’occurrence, M. Bourma Daoud Malick, un ancien farouche opposant connu de

la diaspora tchadienne notamment celle de France.

Le retour de cet opposant au Tchad a suscité un torrent de commentaires faits

de tissus de mensonges et de dénigrements. Mais l’Homme endurci par 16

années d’exil ne se laisse guerre impressionner ni abattre par ces diffamations.

Qui est M.Bourma Daoud Malick et pourquoi a-t-il décidé de quitter

l’Opposition armée pour rentrer au Tchad ?

Originaire de la région de Batha au centre du Tchad, il est issu d’une famille

modeste arabe du Batha plus précisément de la Préfecture de Djedâa.

M.Bourma Daoud Malick ne passe pas inaperçu : il est de corpulence ronde

avec un visage toujours jovial. Sa moustache bien fournie et très foncée, lui

confère l’aspect d’un révolutionnaire asiatique ou latino-américain.Le

militantisme fut sa maladie infantile. Dès l’âge de 14 ans, il fit ses premiers

pas dans un Parti politique de sa région natale de Batha. Contraint à l’exil

durant 16 longues années, M.Bourma Daoud Malick est un Homme de rigueur

et intransigeant sur les questions de principes.Il fut à l’origine des débats

fructueux et contradictoires au sein de son Parti.Sa droiture d’esprit l’a

contraint à démissionner quelques années plus tard de son prestigieux poste de

représentant extérieur et porte parole de la Concorde Nationale du Tchad

(CNT),un des mouvements politico-militaires de l’Est puis adhéra au

Mouvement National (MN).

Diplômé de la Faculté d’Economie de l’Université de Picardie Jules Verne

(UPJV) d’Amiens au Nord de la France, le jeune cadre rentra aussitôt au

Tchad. De 1999 à 2005, il fut nommé Administrateur Gestionnaire du plus

grand projet (investissement de plusieurs millions d’euros) de développement

rural à l’Est du Tchad en l’occurrence le Projet de Valorisation des Eaux de

Ruissellement Superficiel (PVERS),financé par la Banque Africaine de

Développement (BAD).À ce poste,il s’était révélé excellent Manager,

compétent et intègre.

Ce quadragénaire Economiste-Gestionnaire porte bien sa réputation de

« compétent et intègre», reconnu par ailleurs par les Responsables de la BAD

 

avec qui il entretient de bonnes relations. Ces derniers gardent toujours de lui

l’image d’un Cadre qui aime la rigueur et de travailleur infatigable.

Les employés tchadiens du projet l’appréciaient unanimement pour son

humilité, sa disponibilité,sa générosité et sa promptitude d’écoute et surtout de

solutionner les problèmes.

A l’heure de la moralisation de la fonction publique tchadienne, caractérisée

par de nombreuses arrestations de responsables accusés de corruption et de

détournements de deniers publics, il serait nécessaire de rappeler le cas de

l’intégrité de M.Bourma Daoud Malick. En effet, il fut un cas rare voire unique

d’un Chef de projet n’ayant jamais détourné les millions d’euros qui lui sont

alloués. Les autres Chefs de projets rivalisaient à tour de bras en nombre de

villas, de grosses voitures et collectionnaient les épouses ou maîtresses, en un

temps record. Alors que M.Bourma Daoud Malick, plongé dans sa modestie et

son honnêteté, ne se contentait strictement que de son salaire pour subvenir

aux besoins de sa famille nucléaire et de ceux de ses nombreux parents. Ses

lourdes charges, son intégrité morale ne l’ont pas permis de construire ni une

petite maison, ni d’acheter un quelconque bout de terrain, ni voiture

personnelle hormis celle de fonction.

Notre pays a bien besoin des cadres de cette envergure morale, qui ont l’amour

du développement du Tchad afin d’amorcer son décollage économique.

A ses détracteurs M.Bourma Daoud Malick justifie son retour au pays après

l’accord de Tripoli : « J’ai effectué plus de deux voyages à l’Est auprès des

Mouvements politico-militaires.J’ai été très déçu par le climat détestable et

délétère entre les dirigeants,par l’absence totale d’une vision politique

nationale et enfin par la guerre de leadership qui fait rage. Dans ces

conditions, je serais plus tôt utile à mon pays en mettant mes compétences au

service du développement de ce dernier. Je suis optimiste de naissance mais

pessimiste par réalisme aimait-il dire»

Ne serait-il pas injuste et excessif d’assimiler tous ceux qui renoncent à la lutte

armée à des anciens et/ou futurs collaborateurs du régime ? Une brève

rétrospective des actes passés de certains d’entre eux au sein de l’Opposition

répondrait à cette interrogation. Le militantisme de l’ex Opposant armé au sein

de la diaspora ne souffre d’aucun soupçon d’agent au service du régime.

Ce choix de M.Bourma Daoud Malick serait-il judicieux? Seul le temps

permettrait de porter un jugement serein et objectif sur les actes du régime et

les contributions réelles au développement affichées par l’ex-opposant politicomilitaire.

Nous lui souhaitons cependant, bonne chance.

 

Ali Dourbane Adam.