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Habré, Hissène rebelle et homme d’État tchadien

 

Habré, Hissène (1942- ), rebelle et homme d’État tchadien, qui a présidé la république du Tchad de 1982 à 1990. Originaire de Faya-Largeau, au nord du Tchad, Hissène Habré poursuit des études secondaires avant d’entrer, comme cadre, dans l’administration coloniale tchadienne. En 1963, il devient préfet de la région de Moussoro, puis entre dans le cabinet du ministère des Affaires étrangères du gouvernement du Tchad, nouvellement indépendant. Il séjourne quelque temps en France et, dès son retour au pays, prend une part active à la rébellion des Toubou du Nord, musulmans nomades de tradition militaire. Ces derniers, défavorisés par le pouvoir au profit des Bantous du Sud (population d’agriculteurs sédentaires chrétiens), revendiquent une politique égalitaire : en effet, héritage de la colonisation française, le nouveau pouvoir du président François Tombalbaye perpétue la domination politique des animistes du Sud, au détriment des musulmans.

Activiste de culture musulmane, Hissène Habré intègre le Front de libération national du Tchad (le Frolinat, créé en 1966 par Ibrahim Abatcha).

Afin de contrer la rébellion grandissante des Toubou fédérés, les troupes françaises stationnées au Tchad interviennent, à la demande de Tombalbaye (1969-1972). Hissène Habré assoit, à cette époque, sa notoriété avec l’enlèvement de l’ethnologue Françoise Claustre, en avril 1974, retenue pendant trois ans, et avec l’assassinat du commandant Galopin, émissaire français chargé de négocier la libération de l’otage. Ce coup d’éclat ne lui permet toutefois pas de réunifier les rebelles à sa cause. En 1976, Hissène Habré fait scission avec le Frolinat et forme son propre mouvement de libération, structuré autour du FAN (Forces armées du Nord).

 

Malgré les rivalités entre les chefs des différents mouvements rebelles, lorsqu’un Gouvernement d’union nationale et de transition (GUNT) est mis en place après le coup d’État de 1975, Hissène Habré est associé au pouvoir des anciens opposants, en qualité de Premier ministre (1978), puis comme ministre de la Défense. Il s’oppose bientôt au nouveau dirigeant du gouvernement, Goukouni Oueddeï, lequel s’accorde avec la Libye en 1979 pour une fusion des deux pays. La nature du conflit est alors modifiée : la guerre civile n’est plus une opposition géographique Nord-Sud mais est  devenue un conflit d’intérêts entre Goukouni Oueddeï — qui bénéficie du soutien de la Libye — et Hissène Habré, qui peut s’appuyer sur la France. En 1982, Hissène Habré chasse Oueddeï de la capitale Ndjamena et devient chef de l’État du Tchad. Il installe alors un régime autoritaire, rétablit un temps les relations diplomatiques avec la Libye de Kadhafi, mais ne réussit pas à transposer sur le terrain politique ses succès militaires : n’ayant pu rallier de manière unanime les Tchadiens, il est victime d’un attentat en 1989, auquel il réchappe. À l’instigation de l’un de ses anciens lieutenants, Idriss Déby, Hissène Habré est défait en 1990. Sans rencontrer aucune résistance, le militaire réussit à entrer dans Ndjamena. Contraint à l’exil, le président déchu se réfugie à Dakar. Mais en 2001, le président du Sénégal, Abdoulaye Wade, lui demande de quitter le pays et de trouver une autre terre d’accueil alors qu’Hissène Habré est passible de poursuites pour « complicité d’actes de torture ». Il n’est plus intervenu dans la politique tchadienne, même si ses partisans ont  tenté un coup de force en 1992.

 

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