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Tchad : Deby vers une fin fatale

 

Introduction

La vie politique au Tchad est jalonnée par des conflits armés et guerres stériles de conquête du pouvoir qui ont endeuillé des milliers des familles depuis des décennies. Les chefs d’états qui se sont succédé à la tête du pays ont fait montre d’une incapacité notoire à diriger le Tchad. De Ngarta Tombalbaye à Idriss Deby en passant par Hissein Habré, Felix Malloum, Goukouni Weddaye et Lol Mahamat Choua les pratiques inhumaines et dégradantes allant jusqu’à la confiscation totale de pouvoir par leurs clans dans l’impunité ont été érigées en règles de gouvernance. Des pratiques qui sont contradictoires aux principes sacro-saints des libertés inscrites en lettres d’or dans la Constitution en vigueur et textes internationaux ratifiés par le Tchad.

 

Jamais, le Tchad n’a vécu l’impunité comme celle qui existe aujourd’hui depuis la prise de pouvoir par Idriss Deby, le 1er décembre 1990. Une première si, de façon caricaturale, on met cela sur la balance. À cela s’ajoutent, au quotidien, les crimes, épurations ethniques, violences contre les corporations hostiles au régime. La presse privée, vitrine de la démocratie, est sujette d’intimidation, des menaces et d’arrestations arbitraires. Une presse privée qui joue son rôle dans l’impartialité et la loyauté se voit taxer de tous les maux par les ténors du régime de Deby pour ses nobles missions de faiseurs d’informations contre les fraudes électorales à succession de 1996 à nos jours, les détournements des deniers publics, notamment les ressources pétrolières, l’enrôlement des enfants dans l’armée, la gestion clanique du pouvoir etc.

 

Rongé par une maladie incurable, Deby Itno dont l’étau se resserre chaque jour autour de lui avec les révoltes successives de sa garde présidentielle s’apparente à un lion en liberté et à un cobra qui attend sa proie. Considéré à l’échelle nationale et internationale comme un génocidaire, il s’en prend à son peuple avec véhémence pour la confiance effritée et son peu d’intérêt accordé à sa politique despotique et machiavélique masquée en démocratie, il y a belle lurette. Malgré ses réélections controversées et entachées des fraudes et de foultitudes des violences, le guerrier, installé au pouvoir par les armes en 1990 à la

faveur d’un vent de la démocratie qui a soufflé sur l’Afrique, est resté imperméable dans sa logique de crimes et assassinats programmés.

 

En 18 ans de spasmes politiques marqués par les tripatouillages, la perversion de la Constitution qui l’a rendu pensionnaire de la présidence, des tribulations des militaires tchadiens dans les guerres des conquêtes en Afrique, les collusions récurrentes entre ses forces de crimes et rebelles qui l’ont déserté, le pouvoir de « debycratie » poursuit son chemin dans le coma. Et la communauté in-

ternationale n’a jamais prôné les mesures de représailles contre cet homme qui se croit immortel au pouvoir.

 

Le Tchad, devenu le réservoir de la médiocrité sous le régime de Deby, veut retrouver ses lettres de noblesse en conjurant ce régime despotique avec le concours de la communauté internationale, notamment les Nations Unies qui se démarquent de l’Union Africaine. Cette Union africaine qui sombre dans la complicité et ce dernier temps dans le racisme. Le SOS du peuple tchadien est affiché.

 

Ce livre qui étale tous les modes de la mauvaise gouvernance décrit a priori le tableau sombre des actions néfastes de la politique de Deby qui ont conduit le Tchad à s’enfoncer dans la faillite, les guerres infernales et l’intolérance politique. De ce fait, dans la première partie, une place de choix est accordée aux péripéties de l’homme qui dirige le Tchad depuis le 1 er décembre 1990 et qui a participé à des opérations de nettoyage ethnique et boucherie humaine sous Habré et sous son règne. Les assassinats, violences, arrestations et menaces dont sont victimes les professionnels des médias privés, les leaders des partis politiques et société civile ont constitué également l’ossature de la première partie.

Les lecteurs apprécieront à leur juste valeur, dans la deuxième partie du livre, les techniques de fraudes électorales du régime qui ont permis de légitimer le pouvoir de Deby depuis son accession au pouvoir.

Les mascarades électorales devenues des feuilletons comme ceux des films sont bel et bien planifiés pour empêcher l’opposition politique de gouverner le pays. Les conséquences de tels simulacres d’élections, la modification de la constitution ont contribué inéluctablement à l’émergence des rébellions armées à l’est du Tchad. Les raisons et les causes profondes des guerres tribales,

des soulèvements et révoltes des éléments de la garde présidentielle, constituant la troisième partie du livre, sont expliquées de manière claire à comprendre que le Tchad va très mal.

 

Ces panoplies d’informations évoquées cas par cas montrent la culpabilité du président tchadien dans les actes qu’on peut ranger dans le registre de crimes de guerres, crimes contre l’humanité et génocide. La Cour Pénale Internationale (CPI) qui a lancé le processus de mandat d’arrêt international contre le président soudanais Omar El-Bechir pourrait apprécier tous les aspects des

informations mettant en accusation Deby et les ténors de son régime. Sa poursuite devant cette juridiction onusienne d’égal à égal que Omar El-bechir pourrait changer la donne politique en Afrique. Car ce continent regorge des dirigeants qui pratiquent les rapts politiques en plus des atteintes graves aux libertés et droits humains.

 

Face donc au foisonnement des violences, à la confiscation comme les gaffes retentissantes du pouvoir sur les populations civiles, longtemps marginalisées et privées des libertés de choix, la communauté internationale doit user de son droit d’ingérence pour être aux chevets du Tchad.

 

En conclusion, les actions entamées par les Nations Unies et l’EUFOR au Tchad sont à saluer et méritent d’être continuelles jusqu’à ce que des élections réellement libres et transparentes soient organisées dans les prochaines années comme celles du Bénin, du Sénégal, du Mali, du Libéria, de la RDC, de la Sierra Léone, d’Afrique du sud etc.

Dans l’ensemble, les implications des Nations Unies dans les processus électoraux en RDC, Libéria, Burundi, Sierra Leone ont été saluées par les populations et les observateurs nationaux et internationaux. La sonnette d’alarme est en tout cas tirée pour que le Tchad retrouve sa place dans le concert des nations havres de paix. La vigilance doit être de mise par les Nations Unies et la

France dans l’appui au processus électoral au Tchad pour éviter que les discrédits soient jetés sur elles en cas de fraude du pouvoir de N’Djaména.

 

Auteur: Samy Passalet

Document publié par les éditions publibook

 

 

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