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Tchad : Voici pourquoi il faut sauver le peuple tchadien de l’emprise Deby et Cie

Le Tchad est un pays malade et complètement dévasté auquel aucune thérapie ne pourra jamais être dispensée tant qu’il est dirigé par Deby. Si le gouvernement français ne peut pas comprendre spontanément que le peuple tchadien a aussi le droit de se libérer, de vivre libre et heureux, je pense qu’il est temps que le peuple français le lui demande vigoureusement.

Je suis français et me suis permis d’interpeller le gouvernement français sur ses prises de position politique en Afrique, surtout au Tchad. Je vous prie de publier cette lettre ouverte dans votre site de référence, renommé en Afrique.

Le Tchad est un pays malade et complètement dévasté auquel aucune thérapie ne pourra jamais être dispensée tant qu’il est dirigé par Deby. Si le gouvernement français ne peut pas comprendre spontanément que le peuple tchadien a aussi le droit de se libérer, de vivre libre et heureux, je pense qu’il est temps que le peuple français le lui demande vigoureusement.

Lettre ouverte d’un Français au peuple français et à son gouvernement

Il y a quelques semaines, le Tchad a été une fois de plus, le théâtre d’une confrontation armée entre la junte militaire au pouvoir dirigée par le soudard, et non moins ancien rebelle, Idriss Deby et les vaillants combattants de la liberté de l’Union des Forces de la Résistance. 

Pour l’observateur ignorant des réalités du Tchad, tout comme pour le peuple français - trompé par un gouvernement français certes au fait de ces réalités, mais ayant délibérément pris fait et cause pour Deby au nom du sacro-saint principe gaullien qui veut que la France n’ait pas d’amis mais seulement des intérêts -   il ne s’agissait ni plus ni moins que d’une campagne militaire comme en sont coutumiers les "barbares tchadiens", toutes factions confondues.

Plus encore, pour ceux qui se sont laissé aller à être niaisement réceptifs aux thèses avancées par la coalition franco-tchadienne au pouvoir, il s’agissait d’une énième attaque des … « mercenaires télécommandés par le Soudan pour renverser le régime de Idriss Deby. »

Dans un cas comme dans l’autre, l’opinion a été menée en bateau. Et moi qui suis français, ne peux m’empêcher de lever ce qui n’est en fait qu’un saumâtre quiproquo.

Le Tchad, en effet, est engagé dans l’ultime phase de sa lutte de libération, non contre un ennemi extérieur, mais contre une coterie de scélérats conduits par Deby et le gouvernement d’un pays auquel j’ai, en même temps, la chance et la malchance d’appartenir : la Franc.

J’ai la chance d’être français parce que la France est un pays merveilleux qui s’est progressivement et inlassablement construit sur le socle des valeurs humanistes les plus nobles. Des valeurs qui ont été léguées à travers, ou plutôt par-delà les siècles et les générations, à tous les enfants de cette Nation qui en impose au monde entier, y compris à toutes les autres plus grandes puissances économiques, militaires ou démographiques. Ces valeurs qui sont : la Liberté, l’Égalité et la Fraternité.

Mais je n’ai pas que la chance d’être français, j’en ai aussi la malchance parce que, pour préserver des intérêts qui sont tout sauf ceux du peuple français, les dirigeants de la France Sarkoziste se comportent vis-à-vis des peuples du Tiers-monde, ceux d’Afrique surtout, comme s’il s’agissait sinon de bétail du moins d’un peuple interdit du reste de la terre. De quoi reprendre un refrain de la chanson "C’est eux qui ont fait" de Francis Cabrel.

Le Tchad, j’y ai vécu une bonne demi-dizaine d’années sous les régimes successifs de Goukouni Weddeye et de Hissène Habré, et une quinzaine sous le régime actuel de Deby. C’est un pays malade et complètement dévasté auquel aucune thérapie ne pourra jamais être dispensée tant qu’il est dirigé par Deby. Je dirai même plus, Deby est le cancer qui mine ce peuple. Je dirai même plus : le vrai problème du Tchad, ce n’est ni la rébellion, ni le Soudan, mais tout simplement Idriss Deby.

Et je le dis d’expérience, puisque pendant mon séjour d’un quart de siècle dans ce pays, j’ai quand même effectué des voyages dans tous les pays de la sous-région Afrique Centrale (zone CMAC et CEEAC) et au Nigeria, qui lui est voisin, et à la tête duquel a régné, à un certain moment, un dictateur sanguinaire du nom de Sani Abacha, aujourd’hui décédé.

Même au temps de Sani Abacha dont les pratiques tyranniques étaient connues de tous, la dictature au Nigeria n’a jamais été aussi féroce que celle, instituée, qui sévit au Tchad depuis bientôt vingt ans.

Pour peu que l’on  s’efforce d’être objectif, il vaut encore mieux vivre au Zimbabwe ou en Guinée Équatoriale où les dictatures respectives de Robert Mugabe et de Obiang Nguema  sont enveloppées d’un fond de nationalisme plus ou moins sincère : Deby est un prédateur pour le pays qui l’a vu naître, et, en parfait mercenaire assurément placé par la France à la tête de son  pays auquel il ne doit donc rien par conséquent, il a mis le Tchad sous la coupe réglée de ses appétits d’ogre. Ce pays est le plus mal loti et le plus sous-développé d’Afrique centrale malgré les formidables richesses dont il regorge, en termes de ressources humaines et minières, pour n’évoquer que celles-là.

Je me souviens, comme tous ceux qui avaient vécu autour de moi en direct l’entrée des rebelles de Mahamat Nour à N’djamena en avril 2006, de la liesse populaire qui avait accompagnée l’avancée des troupes rebelles, ainsi que le désappointement populaire et les imprécations proférées par les Tchadiens contre la France après que l’offensive avait tourné à la défaite. Une défaite infligée aux combattants de la liberté grâce à l’armée française, pour comprendre combien il devient insupportable pour un citoyen français comme moi de savoir que sa patrie est un obstacle à la liberté des autres peuples.

Plus grave, Deby a transformé son pays en un vaste camp de concentration néo-nazi dont les habitants, hormis les ressortissants des pays occidentaux qui jouissent d’une certaine immunité de fait bien précaire - comme au temps de la colonisation où le Blanc était regardé comme un seigneur - sont des condamnés à mort attendant d’être exécutés d’un jour à l’autre.

C’est ce régime que la France, envers et contre toute logique, y compris celle qui sous-tend notre devise "Liberté – Égalité – Fraternité" a décidé de soutenir contre tout un peuple de plus de 10 millions d’habitants.

Est-ce pour que les sociétés pétrolières françaises continuent d’avoir la primauté de l’exploitation du pétrole dont regorge le sous-sol de ce pays ? Est-ce pour que le Tchad puisse continuer de servir de base géostratégique à l’armée française concurrencée dans ses "bastions naturels d’Afrique" par l’expansion militaires yankee et la ruée chinoise ? Tout cela peut se comprendre, mais !!!

Mais en fait, il eut été plus judicieux que cette France, patrie des Droits de l’homme, garde ses distances de la dictature. La France dont le combat héroïque contre ses propres dictateurs d’autrefois et la contribution à la lutte d’indépendance des États-Unis d’Amérique restent  - jusqu’à ce jour – emblématiques  des aspirations des peuples à la liberté,  que cette France, disais-je, au lieu de se mettre à dos tout un peuple, pour atteindre des objectifs pusillanimes, qui participeraient d’une certaine grandeur de la France,  au risque de perdre définitivement son attachement, se fasse l’allié du peuple tchadien - sinon en soutenant sa lutte - du moins en observant une stricte neutralité dans le combat qui oppose les Tchadiens et les Forces de la Résistance au régime Deby.

La France aurait dû, et cela est plus réaliste, se ménager l’amitié de ces rebelles – en fait de rebelles, les politico-militaires opposés à Deby sont plutôt des résistants - quitte à exiger d’eux en contrepartie que les intérêts français soient sauvegardés. C’aurait été mieux que de donner au monde cette honteuse image de la douce  France, patrie universellement reconnue de la liberté et des droits de l’homme, soutenant bec et ongles une espèce de dictateur en voie de disparition, et seulement comparable à Idi Amin Dada  ou Samuel Doe.

 Si le gouvernement français ne peut pas comprendre spontanément que le peuple tchadien a aussi le droit de se libérer, de vivre libre et heureux, je pense qu’il est temps que le peuple français le lui demande vigoureusement. Comme il l’a fait pour mettre fin à la guerre d’Algérie ! Le peuple français ne doit, et ne sera jamais complice de l’embrigadement d’un peuple.


Jean François Brurvelz - jeanfrancoisbrurvelz@yahoo.fr
 
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Source : ndjamena-matin